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Bilan auto-stop et empreinte écologique aux États-Unis

Auto-stop aux États-Unis

Notre voyage s’est terminé plus tôt que prévu, mais nous avons tout de même passé 6 mois à parcourir les États-Unis et avons été agréablement surpris par la bonté des gens alors qu’on s’est constamment fait dire que les Américains sont les plus individualistes qui soient. On t’offre donc un petit bilan sur notre voyage en auto-stop écologique afin que tu puisses voir que n’importe qui peut se lancer sur une aventure aussi rocambolesque!

Pour chaque lift que nous avons eu, nous avons pris en note l’âge du chauffeur, son sexe, le nombre de personnes dans le véhicule (couple, ami, famille), l’attente avant qu’il ne s’arrête et le nombre de kilomètres parcourus avec. Nous avons voulu construire des statistiques parce que nous étions curieux de savoir qui nous embarque sur le pouce en général et prendre l’ensemble des données pour comparer entre les États et les régions.

L’auto-stop aux États-Unis en chiffre

Durée totale : 6 mois bien pile

Distance parcourue : 7039 km (de Détroit à Nevada City [CAL])

Nombre de lifts : 87

Nombre de km parcourus par lift : 85

Nombre de km par minute d’attente : 3,14

Nombre de fois invité chez le chauffeur (pour manger ou pour la nuit) : 3

Nombre de Couchsurfer/WarmShowers : 16

Nombre de Workaway : 2

Nuits payantes (camping, hotels, airbnb, etc.) : 15

Temps d’attente moy. : 28 min

Plus court lift : 3 km

Plus long lift : 800 km

Plus longue attente sur le bord de la route : 2 heures à Grand Lake au Colorado

Comparaison du temps d’attente moyen (min) entre les États/régions

% de femmes seules

Comparaison entre les États/secteurs (minimum 10 rides)

 

Midwest 

Nous avons commencé par le Midwest et c’était de loin la partie la plus difficile tout d’abord parce qu’on a dû passer par Chicago qui est un véritable vortex de trafic. 5 heures pour en sortir avec le 4e lift de la journée… Ensuite, c’était de rentrer dans le monde inhospitalier des prairies américaines avec L’Iowa, le Nebraska et le Wyoming. Heureusement que l’on demandait aux chauffeurs de camions qui traversaient de longues distances sur les interstates parce qu’on y serait encore. Les gens ne comprenaient vraisemblablement pas ce qu’on foutait là et nous tendaient littéralement des billets verts pour qu’on aille s’acheter une vie… Nous avons fini par traverser le Nebraska en un seul lift avec un vieux routier de l’Alabama qui nous a conduits sur 800 km. Le truc dans le Midwest, demandes aux camionneurs dans les trucks-stops. Ils t’emmèneront au bout du monde!

Le plus gros truck-stop aux États-Unis est en Iowa!
Le plus gros truck-stop aux États-Unis est en Iowa!

Le Colorado

Le Colorado s’est montré comme une oasis de bons samaritains en sortant des prairies. Les gens y étaient beaucoup plus réceptifs à nous prendre, spécialement dans les régions montagneuses. C’est probablement à cause qu’on y trouve un plus grand nombre de jeunes globetrotteurs comme nous qui ont fini par s’installer près des stations de ski. Seul point négatif, nos chauffeurs ne parcouraient que de courtes distances en moyenne ce qui rendait les journées plutôt longues. Ils se montraient par contre si accueillants! À quatre reprises durant les 3 semaines dans cet état, nous nous sommes fait inviter à manger un morceau ou à dormir chez les personnes qui nous embarquaient. Nous avons dû refuser 1 fois parce qu’on aurait fini par y rester. C’est définitivement ce qui nous a marqués lors de notre séjour.

Du pouce dans les rocheuses!
Du pouce dans les rocheuses!

Arizona

Énorme surprise!!! On nous avait prévenus avant d’arriver en Arizona qu’on allait y avoir de la difficulté et que c’était même déconseillé d’y faire du pouce spécialement sur le territoire de la Nation Navajo, la plus vaste réserve autochtone en Amérique du Nord où se trouve Monuments Valley. Rien de plus faux! La réserve a été l’endroit le plus facile où pratiquer l’auto-stop de tout notre voyage! Les habitants nous faisaient monter dans la boîte de leur pick-up (absolument tout le monde là-bas possède un pick-up), et nous menaient à destination les cheveux au vent. Aussitôt après avoir remercié notre chauffeur, un autre ayant aperçu nos sacs à dos nous attend déjà pour poursuivre notre chemin. L’esprit de communauté est bien plus présent chez ces gens et ils sont habitués de faire de l’auto-stop pour se rendre d’un point à un autre. La palme d’or leur revient!

Auto-stop dans la réserve Navajo
Auto-stop dans la réserve Navajo

Utah

L’Utah n’a pas été aussi marquant que l’Arizona pour l’auto-stop (on s’en reparlera pour les paysages). Ça a par contre été très facile de se déplacer, même plus que le Colorado selon les chiffres. Nous avons pu l’expérimenter autant dans la lointaine région rurale mormone que sur les autoroutes autour de Salt Lake City et l’on a ainsi été témoin de l’agréable esprit de communauté qui s’y niche. Nous avons été capables de voyager d’un parc national à un autre sans trop de problèmes. 

Le plus beau spot de pouce, le parc national de Zion!
Le plus beau spot de pouce, le parc national de Zion!

Zéro-déchet

À bien des endroits aux États-Unis, un mode de vie qui tend vers le zéro-déchet est pratiquement impossible, sauf si mesures drastiques. On a donc fait de notre mieux avec les ressources qu’on avait et le dumpster diving a bien aidé à faire des provisions récupérées gratuites. L’État le plus facile au point de vue de la réduction de déchet c’était la Californie où les épiceries en vrac étaient bien plus répandues quoique beaucoup plus cher. Une autre technique c’était de s’arrêter à tous les marchés extérieurs que nous pouvions trouver et de remplir nos sacs réutilisables de délices locales. On a découvert des nouveaux aliments incroyables!

Notre première épicerie 100% zéro-déchet aux États-Unis
Une épicerie 100% zéro-déchet

Empreinte carbone

Empreinte carbone pour 6 mois de voyage (%)

Ces statistiques ne prennent pas en compte la consommation énergétique des endroits où nous avons logé, ni l’émission carbone additionnelle des voitures dû à l’ajout de notre poid.

Alimentation: 0,41 T

transport automobile: 0,14 T

Transport en commun: 0,16 T

Appareils électroniques: 0,61 T

Transport aérien: 1,56 T

Total: 2,88 T

Nombre d’arbres à planter: 21

Malgré le fait qu’on voyageait aux États-Unis, un des pays avec la plus grande empreinte écologique par habitant, nous avons quand même pu réduire la nôtre au maximum. Nous n’avons pas utilisé d’autres moyens de transport que l’auto-stop et le vélo pour nous rendre de ville en ville et avons davantage fait attention à éviter les aliments de sources animalières sauf lorsque nos hôtes nous en offraient.

Le vélo en Californie a même éveillé notre conscience sur les émissions de CO2 qu’on pouvait émettre en voiture et l’apport énergétique de ce que nous mangions. 69 % de nos presque 3 tonnes de CO2 vient de notre seul vol de retour de San Diego à Montréal en passant par New York. On a choisi l’escale qui demandait le moins de détours possible bien évidemment.

Le vélo sur la côte Californienne
Le vélo sur la côte Californienne

Autre facteur qui a augmenté nos émissions c’est l’usage de l’automobile lorsque nous étions en Workaway. Notre hôte nous a volontiers prêté sa voiture pour se rendre en ville puisqu’on était assez reculé dans la forêt. C’est la seule occasion où l’on a accepté d’en bénéficier. Notre total de 1,5 tonne par personne est par contre bien en deçà de la moyenne canadienne de 11 tonnes sur une même période ce qui nous rends bien fières!

Notre Workaway dans les Sierra Nevada
Notre Workaway dans les Sierra Nevada

Trouver du Couchsurfing aux États-Unis n’a pas été plus difficile qu’au Canada. Nous en avons trouvé dans toutes les grandes villes où nous sommes allés. En vélo aussi nous avons pu faire de belles rencontres grâce au site WarmShowers.com, une plateforme d’hébergement chez l’habitant pour les cyclistes. On a par contre beaucoup campé étant donné qu’on se retrouvait souvent dans des endroits plus isolés. Nous nous sommes au final payé 15 nuits d’hébergement au total ce qui comprenait la plupart du temps des sites de camping. À quelques occasions nous nous sommes réservé une chambre d’hôtel de dernière minute lorsque nous n’étions plus capables de traîner la fatigue des nombreuses semaines sur la route. L’hébergement n’aura finalement compté que pour une minime partie de notre budget.

Notre première expérience "WarmShowers"
Notre première expérience "WarmShowers"

Justement, ce fameux budget! On ne te le cachera pas, on a de loin dépassé notre limite de 10 US $ par jour chaque, d’autant plus que nous avons dû débourser une certaine somme pour les vélos et l’équipement de cyclisme qui ne nous ont mené que 1000 km plus loin. Les États-Unis, c’est dispendieux et il faut être préparé et très motivé pour y vivre 6 mois avec aussi peu de ressources financières. Heureusement, nous avons pu travailler un peu dans le nord de la Californie et nous sommes revenu au Québec avec une somme rondelette d’après voyage de 10 000 CAD$.

Nous sommes partis de Montréal avec 18 000 en banque. 8000 $ en 9 mois, c’est pas gênant!

Pour conclure ce bilan, les États-Unis ont été une belle surprise pour nous au point de vue du pouce. On s’est fait avertir au Canada qu’on ne se ferait jamais prendre de l’autre côté de la frontière parce que les Américains sont trop paranos. Rien de plus faux, nous n’avons attendu que 8 minutes de plus en moyenne. C’était même plus facile que n’importe quelle région canadienne à certains endroits.

Garder une empreinte écologique plus faible que chez nous est par contre un défi que nous n’avons pas été capables d’atteindre puisque notre style de voyage nous poussait à vivre à la manière des locaux. L’écologie n’est pas aussi bien implantée chez nos voisins du sud, mais la bonté est quelque chose d’universel partout sur le globe et nous en avons eu la preuve lors de ces 6 derniers mois aux États-Unis. Pas besoin de se rendre à l’autre bout du monde lorsqu’on a de si beaux paysages si près de chez nous!

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