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Chapitre 3, la grande famille des maritimes (partie 1)

Les rochers de la Baie de Fundy

C’était comme un second départ. Après 6 semaines passées en Gaspésie pour initier l’été, nous étions partis en direction des maritimes. Nous n’avons pas regretté de repousser notre sortie du Canada. En plus d’avoir eu du fun noir avec la famille de Griffon aventure (voir un des articles précédents), nous avons pu mieux nous préparer et avons aussi eu l’occasion de créer du contenu à propos de cette Gaspésie plus ensoleillée. L’itinéraire bien organisé, les provinces de l’océan atlantique et leurs habitants s’offraient donc à nous. Jamais nous n’aurions pu imaginer la vague de générosité dans laquelle nous nous lancions.

On commence par terminer le tour de la Gaspésie que nous avons débuté il y a presque deux mois. Premier arrêt, Bonaventure chez notre amie Raph où l’on rejoint deux autres de nos potes le temps d’un weekend et où l’on en profite pour se cuisiner de la bonne bouffe. Pas trop long comme séjour, des au revoir qui s’étirent, et nous voilà partis pour Nouvelle près de Carleton-sur-Mer où nos hôtes couchsurfing nous attendent. Nous arrivons en pleine campagne gaspésienne où nous trouvons une belle grande maison en bois que Donald-Mathieu et sa compagne Caroline, jeune couple super accueillant, ont construits de leurs mains. Ils sont propriétaires d’un élevage de cochon de pâturage juste trop mignon. Pas autant par contre que leurs 3 enfants blondinets encore aux couches Joe-Paul, Gédéon et Capucine. J’aide Donald sur sa ferme à réparer la clôture de l’enclos des cochons durant le deuxième jour, on prend un bon repas garni d’intéressantes discussions le soir et l’on remercie la petite famille le lendemain pour enfin traverser la frontière du Nouveau-Brunswick à Campbellton.

Aussi drôle que ça puits être, c’est là où nous battons le record de notre plus longue attente sur le pouce. 1h 30 sur le bord de l’autoroute direction Caraquet, on en riait presque. On finit par se faire prendre pour nous amener 20 minutes plus loin au restaurant d’une halte routière. Il fait chaud, la plus chaude journée que nous avons eue de l’été. On se faufile aux poubelles du resto pour se trouver une pancarte de carton afin d’indiquer le nom de notre destination. Je saute dans le conteneur et j’en ressors au même moment où 3 employés de l’établissement sortent en trombe pour nous demander ce qu’on fabrique là, suspicieux. On leur explique avec calme nos intentions et ils acquiescent, un peu honteux de leur réaction. L’un d’eux, le plongeur, nous demande si l’on a faim. Quand on voyage sur un budget, on dit rarement non. Il ressort avec 2 boîtes de poulets frits, des salades de choux et des liqueurs. D’accord, autant de graisse et de styrofoam ne sont pas dignes de notre mode de vie, mais maudit que c’est bon de la bouffe gratuite. Ça nous a bien remplis pour les 150 km qui séparent Dalhousie de Caraquet.

Jamais nous n’aurions pu imaginer la vague de générosité dans laquelle nous nous lancions.

Caraquet, c’est la capitale de l’Acadie, des bouquets de drapeaux bleu, blanc, rouge étoilés s’offrent à nos yeux une fois qu’on y entre. Nous sommes chanceux que notre conducteur s’arrête à chacun des beaux endroits sur le chemin pour prendre des photos. Finalement, la journée de pouce qui avait mal commencé aura été une de nos plus mémorables!

Nous arrivons chez nos prochains couchsurfeur, la famille Haché/Léger, Acadiens authentiques, qui nous accueillent dans leur grande maison. Frédéric est notre hôte couchsurfing, mais on se rend vite compte que c’est toute la famille qui héberge. Les parents, René et Carole, forment le comité de bienvenu avec sa copine Vicky. On parle le reste de la soirée de voyages et d’autres trucs en tout genre. Nous commençons déjà à vivre l’expérience de l’hospitalité dans les maritimes. Durant notre séjour de deux nuits, la famille nous offre gracieusement le souper et nous amène jusqu’au village historique acadien, un musée vivant où nous avons pu en apprendre beaucoup sur l’histoire de ce peuple si proche des Québécois. Au 3e jour, les au revoir sont chaleureux et pleins de bonté. René nous conduit même à Tracadie pour que l’on puisse avancer plus près de notre prochaine destination, Frédéricton. Là, on entre définitivement dans le monde anglophone.

Merci à la famille Haché/Léger pour le chaleureux accueil
Merci à la famille Haché/Léger pour le chaleureux accueilQ

La journée de pouce n’est pas facile encore à cause de la canicule. Elle est du moins plutôt anecdotique. Ça commence avec une gang de gars en mode enterrement de vie de garçon en route vers leur party à Moncton, bière en main. Super sympathiques, ils nous en offrent même une« frette »! Plus tard, un homme qui s’avère être un théoricien de la terre plate nous fait une étrange conversation en nous conduisant un peu plus loin sur notre itinéraire. En soirée, après avoir embarqué à bord de 7 voitures différentes, on arrive chez la mère de notre ami Riley que nous avons rencontré à Field en Colombie-Britannique l’année dernière. C’est une famille très aimante qui nous a fait sentir comme à la maison. Riley nous amène visiter Fredericton, une ville dont nous en connaissions peu à son sujet, mais qui fait changement des cités francophones de l’est du pays de par son architecture de style victorienne. C’est toujours bien de pouvoir revoir des personnes rencontrées en voyage dans leur contexte de la vie quotidienne. Ça nous rassure que ce que nous avons vécu là-bas était bien réel.

Merci à Riley et sa famille pour l'accueil!
Merci à Riley et sa famille pour l'accueil!

Pour le prochain arrêt, nous voulons nous rendre directement au parc provincial d’Hopewell Cape, là où l’on trouve les fameux « Flower pots ». Ces formations rocheuses appelées monolithes sont sculptées par l’érosion des marées de la baie de Fundy, les plus puissantes au monde. Les circonstances ont fait en sorte que nous avons facilement trouver un autre couchsurfeur à Moncton qui finira par nous héberger pendant trois jours avant d’aller visiter ces merveilles géologiques. Shayne est un homme dans la trentaine, bilingue et avec un sens spirituel très profond. Durant ce séjour, nous avons la chance qu’il nous amène à un des sweat lodge auxquels il prend part régulièrement dans la communauté micmaque au nord de Moncton. C’est un rituel autochtone qui consiste en des prières de groupes dans une tente de sudation. Tel un spa, des roches brûlantes sont placées au centre de l’assemblée et le chef y jette de l’eau tout en récitant les prières dans le noir total. La chaleur y est insoutenable, mais c’est là toute la pertinence de l’expérience. La souffrance ressentie est une sorte de salut pour toute la douleur subie par nos proches ou les autres âmes humaines dans le monde. Ce fut une initiation qui a certainement raisonné en nous.

Les "flower pots" d'Hopewell Cape
Les "flower pots" d'Hopewell Cape

Nous finissons notre exploration du Nouveau-Brunswick avec la visite des roches d’Hopewell. Bien qu’elles soient impressionnantes, nous sommes plutôt déçus du fait qu’il y ait autant de touristes. Nous voulons prendre une photographie accélérée de la marée, mais ça s’avère que c’est la marée de gens que l’on finit par immortaliser. Ça gâche certainement la vue, mais qui sommes-nous pour chialer contre les touristes? Nous en sommes nous-mêmes…

La deuxième partie ici 🙂

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