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Chapitre 3, la grande famille des maritimes (partie 2)

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Pour la première partie du Capitre 3, c’est ici!

Deuxièmes provinces des Maritimes, nous traversons finalement la frontière de la Nouvelle-Écosse la journée suivante. Nous avons un rendez-vous à Parrsboro, du côté néo-écossais de la baie de Fundy, avec Fundy FO.R.C.E., un centre de recherche pour un projet d’énergie marémotrice dans la baie. C’est une initiative super intéressante dont tu auras la chance d’en apprendre plus dans l’une de nos prochaines vidéos.

Nous sommes surpris dès notre arrivée par la beauté du petit village côtier. Les bâtiments témoignent d’un grand sens artistique avec des fresques colorées sur de vieilles maisons patrimoniales. Le None such café situé dans un ancien bureau de poste dans le centre-ville attire immédiatement notre attention avec ses œuvres d’art et son immense bibliothèque à l’intérieur. Harvey, le propriétaire du bâtiment, y expose des tableaux et des sculptures aux deux étages supérieurs. Nous discutons longuement avec cet homme d’âge mûr originaire de Montréal. Il possède également d’autres propriétés en ville, dont l’église où il y organise des évènements et accueils des artistes résidents. Il est une personne fascinante qui nous a même invités chez lui pour les deux nuits suivantes à sa maison sur le bord de la mer. Ça l’a très bien tombé, car FORCE se trouvait juste à côté! Nous dormons dans son chalet un peu plus loin sur sa cour arrière et avons aussi la chance de souper avec lui, son amie de cœur, et les artistes résidents. Un séjour mémorable!

La journée suivante, nous nous préparons pour un long périple d’auto-stop jusqu’au Cap-Breton. Les 350 km qui nous séparent sont franchis rapidement grâce à la plus longue ride que nous avons eue dans ce voyage. 2 h 40 de route de Truro à Baddeck avec un vieux bonhomme qui ne parle pas beaucoup. Un roadtrip assez awkward, mais ô combien satisfaisant!

Nous dormons la nuit en mode camping sauvage sur le bord d’une baie, la première fois qu’on utilise la tente en chemin depuis que nous sommes partis de Montréal. Au matin, nous entamons la Cabot trail, la route qui entoure le parc national des hautes terres du Cap-Breton considérée comme la plus belle route des Maritimes et c’est loin d’être exagéré. Nous y apercevons de superbes plages aux abords de l’Atlantique et l’on y sillonne des montagnes vertigineuses avec vue sur l’immensité du golfe du Saint-Laurent à bord des autos des gentils touristes qui s’arrêtent pour nous. Nous finissons par nous rendre à Chéticamp, une ville acadienne située sur la côte ouest de l’île. Nous n’avons pas trouvé d’hôte couchsurfing, mais heureusement que nous avons la tente et une belle plage de sable où aller s’étendre.

Après la canicule au Nouveau-Brunswick, c’est le mauvais temps en Nouvelle-Écosse. Nous marchons sur la skyline trail la journée suivante, la randonnée la plus populaire au Cap-Breton. Elle nous amène sur le bord d’une falaise qui se jette dans l’océan et nous fait passer à travers sa dense végétation. Ça allait bien jusqu’à ce que le déluge débute sur le chemin du retour. Wise comme nous sommes, nous avons laissé nos imperméables en villes ce qui fait que nous sommes assez trempés et le moral émoussé. Par chance qu’une famille québécoise en VR décide de nous prendre pour nous rendre de retour à Chéticamp! On part se sécher dans un café et nous voilà de nouveau sur le bord de la route pour une nouvelle épopée!

Il est déjà tard, environ 19 h et nous commençons à lever le pouce. Nous attendons une vingtaine de minutes avant qu’une femme d’âge mûr nommée MaryAnne et son fils de notre âge Alexi nous embarquent en direction d’Inverness. On s’entend très bien et ils décident en chemin de nous amener manger chez les grands-parents dans leur chalet sur le bord de la mer dans les Maritimes. Le repas fut très agréable et ils finissent même par nous offrir de rester dormir. Un lit, enfin!

Le lendemain, Alexi, qui est un guide de kayak de mer, nous invite à venir en faire gratuitement dans l’Anse de Mabou. La journée se montre magnifique pour une telle occasion et c’est une autre de ses activités authentique que nous avons la chance de vivre grâce à l’auto-stop.

Aussitôt sortit de l’eau, MaryAnne nous propose de nous conduire plus loin sur notre chemin en direction d’Halifax jusqu’à Port Hawkesbury et va même jusqu’à nous acheter une bonne crème glacée en passant, gâtés que nous sommes. Une fois à Port Hawkesbury et malgré tout ce que cette femme a fait pour nous, elle arrive de nouveau avec une proposition. Elle nous offre de nous rendre à son chalet à Caribou island sur la côte près de New Glasgow si jamais nous pouvons l’atteindre avant la tombée de la nuit. C’est ce que nous faisons et quel bonheur de trouver ce ravissant petit cottage nommé le Moon Shell où nous aurons la chance de passer les 3 prochaines nuits à recharger nos batteries en amoureux.

Durant le séjour, nous prenons des vélos, visitons la ville côtière de Pictou et nous rattrapons le retard que nous avons pris pour le contenu du blogue. Un gars que nous rencontrons en ville se rend à Halifax le vendredi suivant donc nous ne manquerons pas de profiter de son lift le moment venu!

C’est moins facile du côté du couchsurfing. Nous n’en trouvons aucun durant l’ensemble de notre voyage dans cette partie des Maritimes. La période estivale doit en être pour quelque chose. Encore une fois, qui vient à notre rescousse? Maryanne et sa liste de contact qui nous met en relation avec son amie Milagros, une Mexicaine d’origine vivant à Cole Harbour, la ville qui a vu grandir Sydney Crosby. Milagros est une mère de famille de 9 enfants qui est arrivée au Canada il y a 10 ans. Super accueillante et généreuse, elle nous cuisine de délicieuses Quesadillas et nous dormons dans une chambre pour nous seuls.

Ça tombe bien parce qu’en ce samedi, c’est la parade de la fierté à Halifax et la ville célèbre toute en couleur. Des dizaines de chars allégoriques décorés du drapeau arc-en-ciel sillonnent le centre-ville. Les gens dansent, sourient et l’amour est célébrée. 

Halifax est une cité de la grosseur de Québec environ. Nous nous y rendons avec le ferry en partance de Dartmouth où nous pouvons assister à une vue folle sur la skyline de la capitale. Elle est relativement petite en superficie ce qui nous permet de marcher un peu partout, de la forteresse, en passant par ses parcs et ses plages de sable sur l’atlantique. C’est certainement dans nos tops 5 des villes canadiennes.

Après 4 jours à Halifax, nous continuons vers nos dernières destinations dans les Maritimes, Lunenburg et Peggy’s cove. Lunenburg est une mignonne petite ville de pêcheur faisant partie des deux sites canadiens avec Québec au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les bâtiments de la vieille ville sont tous merveilleusement colorés et donnent un cachet inestimable à ce bijou historique qui vit désormais principalement du tourisme. Nous pouvons avoir un endroit où rester pour la nuit grâce une nouvelle fois aux contacts d’un ami. Bien que ce soit une très belle ville, je ne recommande pas nécessairement d’y rester plus de deux nuits puisqu’il n’y a pas tant de choses à y faire. Après une, nous sommes déjà repartis.

Nous voulons terminer notre itinéraire en Nouvelle-Écosse avec la visite du fameux phare de Peggy’s cove, mais la pluie et le détour que nous devons prendre sur le pouce nous fait changer d’avis. Je ne crois pas que ça valait tant la peine que ça anyway. À la place, nous tentons de réaliser en une seule journée la route de retour au Nouveau-Brunswick à Saint John. 500 km en quelques heures. Ça nous semble réalisable. L’auto-stop va drôlement bien dans les Maritimes. De courtes distances avec chaque véhicule, mais nous n’attendons jamais vraiment longtemps. Nous vivons une de nos bonnes anecdotes de pouce durant ce trajet. À Halifax, un autobus voyageur vide s’arrête pour nous prendre. Le chauffeur profite de sa pause pour se promener. Il quittera son travail la semaine suivante; “I don’t give a f*ck about what they say” comme il dit. C’est notre ride la plus confortable depuis longtemps! Nous arrivons à Saint John vers 21 h et nous trouvons un grand parc en banlieue où nous pouvons mettre notre tente. Le lendemain, nous repartons sur le pouce pour retourner en ville.

Un homme dans la cinquantaine nous prend, il s’appelle Paul. Très gentil, croyant, ancien joueur des Maple Leaf de Toronto en prise aujourd’hui avec des problèmes de genoux. Il parle beaucoup et nous fait le tour de la ville pendant deux heures pour nous raconter des tranches d’histoires de Saint John. Ce qui me frappe le plus, c’est à quel point c’est un centre industriel. En effet, la compagnie pétrolière Irving la possède en grande partie et les raffineries sont visibles partout. Beaucoup de bâtiments en briques délabrés sont abandonnés, plusieurs sans-abris marchent telles des âmes perdues sur les trottoirs, c’est triste à voir… On se croirait presque dans un film. Paul nous amène chez lui et nous invite à y rester et même à prendre sa voiture pour nous promener. La gens des gens des Maritimes est hors du commun.

Sa grande maison est en pleine rénovation et son frère Mark récemment sorti de prison l’aide dans ses travaux. Nous les aidons à peinturer une des chambres pendant le séjour. Nous étions censés ne passer qu’une nuit puis repartir en direction de Boston, mais les plans ont changé. Les assurances voyage coûtent plus cher que l’on pensait et nous devons donc couper sur certaines destinations. Ça tombe bien parce que Paul et Mark avaient prévu de se rendre à Toronto le lundi suivant. L’itinéraire se déforme. Plutôt que de passer par la côte est, nous allons directement à Toronto et traverserons la frontière de Windsor à Détroit. C’est un peu décourageant, car on repart pratiquement à zéro en traversant Montréal… C’était en plus le chemin que nous avions prévu prendre au tout début de notre préparation avant de changer d’idée pour aller dans les Maritimes. Il faut faire preuve de résilience parfois, jamais deux départs sans trois! Par chance, nous n’avons pratiquement rien dépensé lors de notre séjour. Paul agit comme un véritable père pour nous et insiste fortement pour nous loger et nous mettre de la bouffe à disposition ce dont nous sommes éternellement reconnaissants.

Ce fut notre dernière histoire au Canada. Les Maritimes nous auront certainement marqués par l’accueil et la très grande générosité de ses habitants. Jamais dans tous nos voyages nous ne nous sommes senti autant les bienvenues et c’est pourquoi ce sera une partie du monde que nous n’aurons pas le choix de revenir visiter. Espérons que dans le prochain chapitre, les Américains seront tout aussi agréables!

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