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Istanbul-Paris en auto-stop – partie 1

L’Europe, bien plus que Paris, Londres ou Barcelone. L’Europe, c’est le continent de l’histoire de l’Occident. Des tribus barbares mettant à sac l’impérialisme de l’Empire romain. C’est L’Empire ottoman remportant des victoires dans les Balkans jusqu’à faire face aux austro-hongrois. Ces histoires, c’était à l’Est. C’était dans les riches capitales de Sofia, Belgrade ou Budapest. Les zones assombries de notre connaissance de l’Europe, mais tout aussi importantes à connaître. Une culture qui a fleureté avec l’Orient, le Soviétisme et l’Occident. En cet été 2017, avec mon cher ami Charles. Nous nous apprêtions à entamer un périple à travers les Balkans en auto-stop totalisant plus de 3000 km en 6 semaines depuis Istanbul jusqu’au départ de mon vol de Paris à Montréal. Un défi qui nous a menés à repousser nos limites et notre patience en plus de nous enrichir de toutes les expériences vécues. Première partie du récit, Istanbul et la Bulgarie!

Fin juillet 2017, nous venions de terminer notre exploration de la Turquie. 2 semaines en auto-stop en en bus à suivre la route de la côte Égéenne, visiter les magnifiques villes d’Izmir, Fetjiye et Antalya avec leurs plages paradisiaques, et profiter d’un séjour dans les Plaines mystérieuses de Cappadocia. C’est un endroit où les monuments patrimoniaux de l’humanité se succèdent. Cette fois, nous sommes de retour à Istanbul, impatient de commencer ce long voyage en auto-stop à travers la Bulgarie. La nuit de la veille de notre départ, incapable de nous trouver un couchsurfing de dernière minute, nous avons dormi dans une gare d’autobus en banlieue près de l’autoroute qui sera notre point de départ, le pouce en direction de la frontière. Une idée assez téméraire de dormir à côté d’un mec à moitié mort avec une sangle autour du bras, mais tout de même une bonne nuit de repos avant de partir le matin même pour la Bulgarie!

« 3000 km en 6 semaines depuis Istanbul jusqu’au départ de mon vol de Paris à Montréal. »

Contrairement à ce qu’on peut penser de ces pays, le l’auto-stop est plutôt facile. Nous n’avons jamais attendu plus d’une heure pour nous faire embarquer. En début d’après-midi, après 3-4 rides, nous avions déjà rejoint la ville la plus proche de la douane bulgare, Edirne. Seul problème, c’est à cet endroit que la barrière du langage fut flagrante. D’abord, on se fait laisser à l’entrée de la ville. Cette position est la pire parce que nous devions traverser cette agglomération par nos propres moyens. On embarque dans le premier bus avec nos gros backpacks encombrants sous les regards réprobateurs, mais curieux dont nous sommes tellement habitués. On tente d’expliquer au chauffeur la destination que l’on souhaite, pas facile aujourd’hui lorsqu’on n’a pas accès au wifi. Heureusement, un autre occupant du bus parlait allemand, une langue que je maîtrise juste assez pour passer une information d’un manque flagrant de clarté. À tout le moins, le message s’est transmis, et on a pu prendre le prochain bus menant à la douane. Une petite victoire en territoire prébulgare!

Une fois passée la frontière à pied, un autre défi s’imposait. Rejoindre Plovdiv où l’on prévoyait dormir pour les deux prochaines nuits, avant la noirceur. On a attendu longtemps, au moins deux heures et ce n’est pas parce qu’il n’y avait personne. Nous étions à la frontière principale entre la Turquie et la Bulgarie. C’est plutôt le fait qu’une grande masse de migrants et de réfugiés du fin fond du Moyen-Orient passe la douane tous les jours en auto-stop, certains traversant de la drogue sur eux. Même avec mon blondinet d’ami, nous n’inspirions pas confiance. Finalement, un camionneur s’est arrêté. Il se rendait jusqu’à Belgrade, mais passait par Plovdiv. La chance! Il se faisait tard. Pas très jasant le monsieur, mais au moins nous avons rejoint la capitale européenne de la culture 2019 en début de soirée. Le pied-à-terre sur une nouvelle contrée.

Plovdiv fut une belle découverte. Non seulement nous avons vite été frappé par la beauté féminine slave parcourant les rues, mais c’est aussi une ville avec un héritage historique et artistique incroyable. Cela a du sens puisque c’est la plus ancienne ville d’Europe encore peuplée à ce jour. Un beau mélange de religion chrétienne orthodoxe et musulmane se rencontre dans le paysage urbain. Des ruines de l’époque romaine sont conservées en plein cœur de la Ville comme l’hippodrome et le théâtre romain où de grands spectacles se donnent toujours. De belles grandes maisons colorées témoignent du caractère nationaliste bulgare de la fin du règne ottoman et d’imposantes fresques tout aussi vibrantes mettent de la vie aux rues piétonnes dynamiques.

On s’est fait héberger dans le centre-ville chez un homme qui a racheté un immeuble avec lequel il veut ouvrir une auberge de jeunesse sur 3 étages. En pleine rénovation, les lieux poussiéreux n’avaient ni meuble ni lit. Un toit et des gens avec qui parlés étaient tout ce qu’il nous fallait. En échange, nous allions l’aider le lendemain avec son ouvrage. Un autre couchsurfer s’y trouvait déjà, un jeune argentin nommé Ulises qui voyageait lui aussi à travers l’Europe. Il était petit, les cheveux bouclés, les dents blanches et droites contrastant avec son teint foncé. Il n’avait que 19 ans, mais au cours des 6 mois précédents, il a fait, en auto-stop lui aussi, la Russie, quelques pays d’Asie centrale, la Turquie et se rendait maintenant vers l’Europe de l’Ouest. Très inspirant de voir un jeune de mon âge faire une telle preuve d’intelligence et de passion.

Anton, notre hôte, était un personnage coloré. Autour d’une bière un soir, il nous comptait sa vie. Il est l’exemple parfait du stéréotype slave avec le visage dur, le regard sévère, un gros nez et un penchant flagrant pour l’alcool. Il nous parlait de ses années en Russie, de son travail de guide en Thaïlande où il s’est fait arrêter et incarcéré plusieurs mois pour possession de cannabis. Certaines de ses anecdotes sonnaient tellement absurdes qu’on hochait la tête sans pourtant le prendre au sérieux. Il reste que ce fut divertissant!

Le moment fort fut certainement lorsqu’Anton nous a amenés en pleine nuit chercher du pot dans le ghetto gitan de Plovdiv. On y est allé en voiture avec son ami nous conduisant sur les rues jonchées de sacs de poubelles entre les vieux bâtiments publics de l’ère communiste. Il est sorti devant une petite maison décrépie, ramassa la marchandise et nous sommes reparti aussitôt.

Le matin de la troisième journée, nous avons pris la route vers l’ouest. Nous avions comme objectif d’arriver le plus tôt possible au parc national de Rila pour une longue randonnée que nous voulions faire le lendemain aux sommets bulgares des 7 lacs. La prochaine étape de notre aventure en ce sol de Bulgarie, un pays bien mystérieux.

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