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Mon expérience de vendange en Alsace

L’été 2016 a été celui le plus remplie de ma vie à cette époque. J’ai commencé un long road trip où, pendant 3 mois, j’ai visité 6 pays, pour la plupart parcourus en auto-stop. Des kilomètres et des kilomètres, des rencontres et des rencontres, des villages et des villes, j’ai voyagé et exploré seul ou accompagner à l’âge de 20 ans, la plus grande partie de l’Europe de l’Ouest, sans trop savoir où aller. En septembre, je n’avais déjà plus grands sous. L’Euro a gagné son droit d’être une monnaie qui coûte cher et j’en avais besoin pour continuer de voyager. De retour en Suisse chez mon oncle, je venais de traverser l’Alsace à la frontière allemande qui m’a absolument charmé par son caractère authentique d’une France qui n’est pas vraiment la France et par les rencontres qui se sont présentées. J’y ai vu d’immenses étendues de vignes vertes gorgées du fruit qui donne soif au pied de la colorée chaîne de montagnes des Vosges et je me suis dit qu’une saison de cueillette pourrait m’en mettre dans les poches… et dans le gosier. C’est dans ces champs que j’ai eu ma toute première expérience de travail en sol européen et je vous en donne des nouvelles ici. Les Vendanges en Alsace !

Trouver les vendanges

Se trouver du travail a été plutôt facile. Tout ce que j’ai eu à faire c’était d’envoyer des CV par courriel à tous les vignobles que je pouvais trouver sur internet. J’en ai même envoyé en Suisse et à Bordeaux au cas où. Il faut dire qu’avec un passeport suisse qui ouvre les portes de l’Europe c’est plus facile de trouver. Pour ceux qui n’ont pas cette chance, des sites de volontariat comme wooffing ou workaway existent où il est possible d’avoir un endroit où se faire loger et nourrir en échange de travail dans le champ.

J’ai fini par tomber sur un vignoble qui voulait bien de moi dans le tout petit village de Katzenthal près de Colmar à presque mi-chemin entre Strasbourg et Bâle en Suisse. Le village est bâti à même la colline du début de la chaîne des Vosges, ce qui donne depuis le haut des rangs de vigne, une vue superbe sur toute la vallée du Rhin. C’est un vignoble bio nommé « “le vignoble Klur” du nom du propriétaire Clément Klur. “C’est pur, c’est clair, c’est Klur” comme il se vantait souvent à la blague. Un domaine familial asser petit qui engage moins d’une dizaine de vendangeurs chaque saison.

Clément Klur et son vignoble

C’est cool, mais… Je vis où?

Bon point, le vignoble où j’allais travailler n’offrait pas le logement comme certains autres. L’option restante restait le camping, mais au froid du mois d’octobre, ce n’était pas la plus confortable. Couchsurfing allait encore une fois me sauver la mise! Je ne mettais pas trop d’espoir de me trouver un hôte pendant la période des vendanges d’un mois. Je me disais que si je n’avais que quelques jours, je pourrais rencontrer des locaux qui pourront mieux m’intégrer! Mes recherches n’ont pas duré bien longtemps avant que je ne tombe sur Noël. Un homme de 38 ans, cadre dans un salon funéraire, mais qui a tout le contraire d’une gueule morbide. C’est un gars enjoué, souriant, positif, une allure qui ne s’associe pas du tout à son âge. Contre toute attente, il m’a offert de séjourner dans son appartement pour tout le temps que je voulais. Wow! Et ce n’est qu’un exemple de sa générosité. M’ayant laissé les clés je ne me souviens plus où alors qu’il était absent à mon arrivée, je suis rentré chez lui seul, une affiche sur la porte d’une des chambres écrites “chambre du vendangeur” m’indiquait la pièce où j’ai laissé mon backpack. Une grande chambre avec lit queen qui sera la mienne dans le mois à venir. Quel accueil!

Durant ce “mois” qui durera plutôt 6 semaines, nous avons eu d’innombrables soirées à parler et rire autour d’un verre de pastis ou de vin rouge, cuisiné des plats typiques alsaciens ou québécois… Bon ok, ce n’était que du pâté chinois et de la poutine… et sortir voir ses amis dont certains d’entre eux sont restés des amis à moi. Délia et Robert, un couple de quadragénaires, nous ont invités à de nombreuses reprises se cuisiner de grandes bouffes et à fêter. Ce sont deux personnes que j’admire par leur authenticité et leur joie de vivre, tout comme Noël.

Le travail.

Les vendanges, ce n’est pas facile. C’est se pencher à genoux toute la journée pour récolter le raisin qui se trouve la plupart du temps au bas des vignes, c’est endurer la chaleur de l’après-midi dans le champ et c’est souvent souffrir de coupures du sécateur sournois (les ciseaux pour couper les fruits). Sinon, les vendanges, c’est du gros fun! Le vin coule à flots le midi comme le soir après la journée de travail. Sur l’heure de diner, on mange comme des porcs des plats typiques alsaciens préparés par la mère de Clément. Des tartes à la choucroute, du fromage, des flammekueches sur une grande tablée remplie de rire et d’estomacs pleins et le vin qui rend le reste de l’après-midi un peu plus drôle.

Des dîners chaleureux

Notre groupe était super! Surtout des jeunes. Nous ne faisions que rire dans les vignes. Ce qui est intéressant au point de vue social, c’est que dans un rang, nous sommes toujours deux pour couper le raisin, une personne de chaque côté qui se suivent tout le long de la rangée de vigne. Un peu malaisant au début quand tu ne la connais pas, ça devient un véritable exercice de méditation verbal entre d’une part, la concentration nécessaire pour couper le raisin, et de l’autre, des conversations qui se trempent autant dans la surface que dans le profond. Des liens d’amitié se forment ainsi. J’ai rencontré Jordan et Léa, un jeune couple dont cette dernière est la nièce de Clément. Ils aiment la vie et ils aiment les gens. Ils ont été parmi mes amis les plus proches et on s’est revus plusieurs fois par la suite. Murielle, une femme dans la trentaine, psychothérapeute de profession s’était installée dans la région depuis peu et s’était portée volontaire pour les vendanges. Elle est douce, intelligente et a une manière de s’exprimer rassurante avec les gens. Elle était mon lift pour se rendre au vignoble depuis Colmar et elle nous a invités à plusieurs reprises pour souper avec son mari et ses enfants. Il y avait Hannah, la brillante jeune hippie qui nous a entraînés chez elles dans les Vosges pour des partys, Romain l’horticulteur qui faisait toujours bien rire tout le monde, et Benoît le Géographe toujours avec de bonnes histoires à raconter. Toutes ces personnes ont rendu ce séjour inoubliable.

Exprimées de cette manière, les vendanges en France semblent l’expérience ultime dans une vie! Ce n’est malheureusement pas le cas partout. Après les vendanges à Katzenthal, j’ai décidé de terminer la saison dans un autre vignoble à Vir au val dans la vallée de Munster. Une expérience complètement différente. Le vignoble Schoenheitz était plus gros et plus commercial. Beaucoup d’employés y travaillaient, certains d’entre eux parce qu’ils n’avaient pas le choix. La Vigneronne n’était pas agréable. Le midi c’est un traiteur que l’on devait payer qui cuisinait de la bouffe ordinaire… Je me suis lié d’amitié avec certains des vendangeurs comme Hubert qui me conduisait matin et soir, mais l’expérience était beaucoup plus terne qu’avec Klur. Je vous conseille donc de bien choisir votre vignoble et pas le premier venu. Privilégier ceux qui font encore dans l’agriculture traditionnelle et conviviale plutôt que trop commerciale qui vous rapportera de l’argent sans expérience positive.

Allez-y!

J’ai été chanceux de tomber sur l’Alsace pour vivre ce genre d’expérience. Tout à commencer avec ma rencontre avec Audrey, une fille de Colmar, en couchsurfing à Strasbourg. Elle m’a donné l’idée de venir travailler dans la région alors qu’elle m’a conduit sur le parcours de la route des vins en voiture. C’est à ce moment que j’ai été charmé par le caractère typique alsacien et ses paysages. C’est ce que j’appelle la “destinée” du voyageur. Tomber sur la bonne personne au bon moment qui changera le cours de ton voyage. Merci, Audrey, d’avoir été cette personne. Si vous prévoyez prochainement voyager en France pour une longue période de temps et qu’il advient par hasard que ce soit l’automne, allez faire un tour en Alsace faire du volontariat. Je parie que vous aussi tomberez en amour.

1 comment

  1. Ce fut un grand plaisir de t’accueillir David, et une grande joie de voir que j’ai pu te refiler le virus de l’Alsace 😉 tu seras toujours le bienvenu par chez nous! Je t’attends pour déguster une bonne flam dans un bierstub!

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